Pourquoi les déserts nous fascinent autant ?

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Certaines personnes rêvent de grandes villes. D’autres de plages bordées de palmiers. D’autres encore d’îles lointaines ou de sommets enneigés.
Et il y a ceux qui regardent une étendue de sable, de roche ou de poussière, où rien ne semble se passer, et ressentent immédiatement une forme d’attraction intense.
Le désert fait partie de ces lieux paradoxaux.

Se retirer du monde pour se reconnecter à nos imaginaires 

Le désert est souvent associé à l’absence.
Absence d’eau, d’ombre, de confort.
Parfois même absence de vie.
Et pourtant, rares sont les paysages qui nourrissent autant notre imaginaire. Depuis des siècles, écrivains, explorateurs, artistes et voyageurs s’y rendent avec l’espoir d’y trouver quelque chose.
Ou peut-être, plus exactement, avec l’espoir d’y perdre quelque chose.
Le bruit. L’agitation. Les habitudes.

Le désert fascine parce qu’il nous confronte à une expérience devenue rare : celle du vide total et du calme absolu.

Nous passons nos journées entourés de sollicitations

Le matin commence souvent par une notification.

Puis une autre. Puis un message. Puis un email. Puis une réunion. Puis un nouvel article ou un contenu qui nous est suggéré. Puis une vidéo. Puis une alerte. Et un nouveau mail.

Nos journées ressemblent parfois à une succession d’interruptions. Même nos moments de repos sont remplis. Nous écoutons un podcast en marchant.

Nous répondons à un message dans une file d’attente. Nous regardons une série tout en consultant notre téléphone.

Le vide est devenu une denrée rare. Et c’est précisément ce qui rend le désert si attirant.

Dans le désert, il ne se passe presque rien. Ou plutôt, il ne se passe rien qui cherche à attirer notre attention. Personne ne vous demande de regarder ailleurs. Personne ne vous sollicite. Personne ne cherche à vous convaincre de quoi que ce soit.

Le désert n’attend rien de vous.


Les artistes ont souvent trouvé dans le désert plus qu’un paysage

Lorsque l’on relit Antoine de Saint-Exupéry, on réalise que le désert n’est jamais seulement un décor.
C’est un personnage.
Un révélateur.
Un espace où l’essentiel finit par apparaître.
Théodore Monod, immense explorateur du Sahara, a passé sa vie à parcourir des territoires que beaucoup considéraient comme vides.
Lui y voyait au contraire une richesse inépuisable.
Des traces.
Des formes.
Des histoires.
Une autre manière d’habiter le monde.
Isabelle Eberhardt, fascinée par le Maghreb, trouvait dans les immensités désertiques une liberté difficile à atteindre ailleurs.

Tous racontent finalement la même chose. Le désert ne nous montre pas davantage.
Il nous montre moins. Et c’est parfois exactement ce dont nous avons besoin.

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